vendredi, mai 28, 2004

as he goes jumping off the roof

Parfois on se renverse pour rire parce que jambon-beurre.
Parfois on me sourit parce que j'ai posé une question étrange, ou parce que je reviens de la Fnac Junior et qu'un gosse m'est rentré dedans.
Parfois on reste retourné après les trois mots échangés, comme pour me guetter.
Parfois on me dit des choses chouettes, et puis non, je ne sais pas jongler avec les pizzas.
Parfois on me regarde, je ne sais même pas pourquoi, moi j'étais juste plantée là.

Parfois je devrais peut-être arrêter mon numéro, mais je n'arrive pas à m'en empêcher, il me faut toujours en rajouter.

polka caramel

C'est l'histoire de...

un vieux post et quelques réponses comme ça,
une idée qui s'endort et se réveille,
une attente trop longue et des places qui s'envolent

un truc trouvé un jour qu'on s'est activées,
un téléphone qui sonne trois fois par jour pendant une semaine,
un répondeur qu'on connait par coeur,
une lettre qu'on n'enverra finalement pas,
un téléphone décroché

une voix pas très assurée
une attente, et une lettre jaune
des coups de téléphone encore
une attente encore
et finalement, un c'est bon.

C'est l'histoire qu'on part faire un chantier.

une fois n'est pas coutume

Et y'a tant de connivence
que le moindre silence est comblé
le moindre vide arraché.




J'aime mon lycée. J'aime ma classe. Je veux pas partir.

growns on trees

Homéotéleutes

Un jour de canicule sur un véhicule où je circule, gesticule un funambule au bulbe minuscule, à la mandibule en virgule et au capitule ridicule. Un somnanbule l'accule et l'annule, l'autre articule: "crapule", mais dissimule ses scrupules, recule, capitule et va poser ailleurs son cul.

Une hule aprule, devant la gule Saint-Lazule je l'aperçule qui discule à propos de boutules, de boutules des pardessule.


[ensembliste]
L'individu A rejoint l'ensemble C en le lieu L à 7h55, ayant un élément B1 en sa main. A embête l'ensemble C et est incluse dedans puisque suite à un propos de l'individu C1, A fait la bise à chaque individu de C.
Une heure plus tard C se divise, et l'individu A reste dans l'ensemble E, incluant les éléments P, S, T, B et R. E travaille puis, après 2h, E effectue une translation en le lieu géométrique P. L'individu A aime l'ensemble E, l'individu A entrevoit le fait d'appartenir à un ensemble défini.
Finalement E se divise aussi et l'individu A reste avec l'individu P, parlant et mangeant jusqu'à ce qu'arrive l'ensemble L. Les sujets sont différents, et l'individu A ne dit plus rien, si ce n'est demander à l'individu P s'il ne veut pas partir, parce que A en a marre d'entendre geindre et râler les individus de l'ensemble L. Par une ironie axiale P dit à A qu'il a l'air heureux, A se fout la tête dans les mains en attendant que la variable H atteigne 13.20.

[tanka]

Il est toujours là
Sourit court et postillonne
Met main sur épaule
Et, scotché sur le mur blanc,
Garde poisson-éléphant.

[alors]
Alors elles parlent de thon et de mayonnaise, alors elles parlent de régime et de piscine, alors d'évaluation d'EPS, alors du bac, alors elles râlent pour certains cours, alors elles rient d'autres, alors elles parlent copains, vêtement, préservatifs et pilules, alors elles parlent elles parlent elles parlent, alors je reste à l'ombre, alors je m'exaspère un peu, alors je me dis que finalement elles ne me manqueront pas, alors je me dis que d'autres me manqueront, alors je voudrais les effacer, elles, alors je pourrais les dessiner, eux, alors ce serait comme tout à l'heure, alors je jonglerais avec des cailloux, alors on me dirait que je suis atypique, alors je ne sais plus, mais je me plairais bien, alors.

[injurieux]
J'avais cet énorme manuel dégoulinant de bleu-vert qui me fixait et qui se moquait de moi. Sale bête je t'aurais, je pensais en silence, le guettant comme s'il pouvait soudainement m'attaquer, je te laisserai crever à terre, me complaisant à t'entendre quémander quelque regard incompréhensif de ma part.
Une est arrivée avec ses longs cheveux noirs qui ne font penser à rien, et l'autre s'est mise à parler, secrétaire en chaussons pailletés qui connaît tous les secrets des relations publiques d'entreprise parce qu'elle a lu Phosphore, le magazine des 15-25 destiné au 12-15ans.
A moitié vieille ronchonne je les ai regardées, puis me suis déplacée, pour dompter mes souvenirs progressifs transversaux. Je les entendais toujours les greluches et, me convaincant que j'avais le droit de réclamer un peu de silence en ce lien tenu par de vieilles mégères canichées et teintées, je leur ai gentiment demandé de chuchoter, non pas de se la fermer, en expliquant que je physiquais et que, vraiment, j'en avais rien à foutre de leurs vacances. Elles ont dit oui, je suis repartie et, 30 secondes après, elles reprenaient, comme si en poissons rouges elles avaient déjà oublié.
Finalement à 14h30 elles sont parties, et j'ai pu sortir sans être regardée mon fouet et ma matraque pour me faire respecter de cet annabac. J'étais bien contente d'y être arrivée quand, juste à côté, une stagiaire en mégèrerie de CDI s'est mise à causer TPE avec l'originale. Le respect ça change l'école, mais à ces greluches âgées je ne pouvais pas dire que je me foutais de l'intervention du code génétique dans l'obésité.

[vers libres]

Six.
Heures, lycéens.
Lycée, blé.
Rire, sourire.
Pépinière et ombres chinoises.
Fleur des champs, blé qui danse dans les cous.
Joues creuses.
Atypique.

Ils ont dit que c'était bizarre de dire qu'on aimait bien, comme ça, je sais même plus pourquoi, que ça cachait quelque-chose. Alors j'ai rien dit, si je leur disais que je les aime bien, ça montrerait que j'ai un peur de m'en séparer, de nous oublier. J'ai rien dit parce que peut-être que quand on est à l'ombre, dans un parc, qu'il fait beau et qu'on rit, on n'a pas besoin de dire qu'on s'aime bien.

[râleur r-alors]
Alors bultérieurement je me suis dit qu'il ne devait plus rester beaucoup de temps, alors que j'allais les rejoindre, alors que je n'avais qu'à profiter du lieu, alors j'ai arrêté de dévisager les documentalistes, alors j'ai regardé de l'autre côté, alors j'ai vu Rimbaud, Prévert, Queneau, alors je me suis rapprochée, alors je me suis dit que ce Queneau, il revenait toujours les moments d'exams, alors j'ai profité du dossier de la chaise, alors j'ai ri et j'ai souri, alors les annales semblaient avoir mille pages et vouloir s'envoler, alors tout est concassé, mais j'aimerais plus de journées comme ça, alors.

mardi, mai 25, 2004

j'veux du silence

--> radio à l'eau

Vendredi soir t'es allée chez eux, t'as fait la bise à ses parents parce qu'ils sont grands, à quoi bon leur expliquer que tu ne la fais pas?
Ensuite t'es montée la voir, vous n'avez parlé de rien, de ce que vous deveniez, de rien, vraiment. Tu t'es mise dos à la fenêtre, t'as pas regardé au mur s'il y avait toujours la photo de ton t-shirt verdâtre sur la balançoire, tu t'en foutais un peu de t'y voir ou non. T'as regardé comme la chambre avait changé, en fait tu ne t'y es jamais trop faite qu'ils déménagent, même à 300mètres, parce qu'avant ils étaient à côté. T'as vu un Girls qui trainait, celui du mois dernier, alors tu t'es exclamée ouah t'achètes encore ça, et tu l'as pris pour lire le superbe roman-photo, toujours aussi beau, pour faire comme si finalement vous n'étiez pas complètement différentes, et aussi pour passer le temps.
Un peu plus tard elle est partie, mais tu t'en foutais de rester avec les autres, de toute façon t'étais là par courtoisie, vous n'avez rien à vous dire depuis bien longtemps, tout comme tu n'as rien à dire aux autres.

T'es toujours un peu là par courtoisie, tu sais pas trop pourquoi, comme si ta présence était nécessaire, même si tu regardes ailleurs et ne dis rien.
C'est ce que t'as fait ce matin, parce que t'en as rien à foutre du mariage princier, ni du fait de savoir qu'il a c'qu'il faut derrière. Plus tard elles liront Femme Actuelle lors du passage mensuel chez le coiffeur, et toi, ben toi, tu seras encore dans le petit pourcentage, celui qui fait pas comme il faut, comme les autres font. Mais ce ne sera pas grave, parce que t'as déjà pris l'habitude de ne pas être dans la masse sondée, c'est pas grave si tu n'es pas la gentille petite femme qui rit aux blagues, porte des chaussures pointues et qui arrive à se trémousser en écoutant La Tordue.
Une autre fois elles avaient parlé des personnes âgées dans les bus, toi au fond tu riais, mais tu te taisais, tu savais qu'on n'allait pas t'écouter. C'est juste que tu te marrais bien, on aurait dit des petites vieilles en train de pester contre les jeunes.
Alors, puisque t'es diplômée de courtoisie, tu restes parfois là, comme lors des réunions familiales, et tu attends que le temps passe.

Tout à l'heure ils te posaient des questions banales, sans intérêt, alors tu répondais brièvement. T'as entendu parler de filtre à pollen alors t'as pensé aux fleurs que t'avais écrasées sous de fines feuilles de papier, et puis finalement, tu remuais ton coca. Tu t'en fous bien d'avoir des bulles ou non, mais y'avait le pétillement et la cuillère qui tapait mécaniquement les bords, alors ce bruit, ça t'épargnait le remplissage qu'ils faisaient.


Et puis entre tout ça, entre les gens au milieu desquels tu nages, 23.
Tu les aimes bien, tous, même s'ils ont une énorme liste de défauts. Tu aimes les embêter, tu aimes qu'ils t'embêtent, tu aimes être avec eux, mine de rien, tu aimes les rires, puisqu'il n'y a que ça.
Tu vois, t'es pas si totalement détâchée, et t'as à peine réaliser qu'il restait moins de deux semaines.
Et tu sais même pas qu'en conclure.

Hey, l'année tu n'l'as pas vue passer.

lundi, mai 24, 2004

C'est rien, se noyer, tu mets dix francs tu tournes et ça tombe

C'est juste mordre pour ne pas être aidée, cracher pour repousser, reculer s'ils tentent d'avancer.
De l'angoisse et de la fierté.

S'il y a un fossé entre envoyer chier et envoyer paître
Si on se laisse gruger par un tableau de maître
Oui mais voilà, suis-je quelqu'un qu'on a envie de connaitre?

Manger trop de carottes rend aimable.

Non mais là j'suis calme parce que c'est la prof, mais elle verrait si j'm'énervais, J'me laisse pas faire moi, Je suis lunatique, Je passe du chaud au froid en 15 secondes : regardez, rien que là je viens de changer d'humeur, Tu sais pas comment je suis quand je pète un plomb.
Moi je suis excessive, j'aime quand ça désaxe.

Tu m'calcules?

Et Mickey c'est le Che.
Equation textuelle ; plus besoin de creuser pour la profondeur, on se déclare lunatique. Avec Lune dedans, et -tique, à s'en demander pourquoi claustrophobique n'existe pas. Tu les vois les étoiles?

Ils sont tous dans la normalité la plus banale, mais la mode est à l'imprévisible de foire, alors Carla Bruni, c'est Two Faces.
Il y a deux ans, un voisin de classe qui avait toute mon antipathie avait déclaré pendant une heure qu'il allait profiter de l'intercours pour s'en aller. L'heure suivante il était encore là, j'avais demandé pourquoi, lui si je voulais qu'il parte.
Juste que t'as une grande gueule.

Alors puisqu'ils grandegueulent tous, je grandegueule encore plus fort en me taisant.
Je suis pas excessive, j'aime pas quand ça se désaxe.
Ou alors seulement quand je n'dis rien.

Je ne suis pas une grande-gueule, la preuve : je le dis haut et fort.
Le lunatisme à trois sous je passe sans le regarder - je suis du côté du merveilleux, moi, puisque je le dis.
Je ne joue pas à pile ou face, je fais plouf-plouf.

Désolée pour la poussière, à qui tu penses quand t'es pas fière?