vendredi, mai 28, 2004

growns on trees

Homéotéleutes

Un jour de canicule sur un véhicule où je circule, gesticule un funambule au bulbe minuscule, à la mandibule en virgule et au capitule ridicule. Un somnanbule l'accule et l'annule, l'autre articule: "crapule", mais dissimule ses scrupules, recule, capitule et va poser ailleurs son cul.

Une hule aprule, devant la gule Saint-Lazule je l'aperçule qui discule à propos de boutules, de boutules des pardessule.


[ensembliste]
L'individu A rejoint l'ensemble C en le lieu L à 7h55, ayant un élément B1 en sa main. A embête l'ensemble C et est incluse dedans puisque suite à un propos de l'individu C1, A fait la bise à chaque individu de C.
Une heure plus tard C se divise, et l'individu A reste dans l'ensemble E, incluant les éléments P, S, T, B et R. E travaille puis, après 2h, E effectue une translation en le lieu géométrique P. L'individu A aime l'ensemble E, l'individu A entrevoit le fait d'appartenir à un ensemble défini.
Finalement E se divise aussi et l'individu A reste avec l'individu P, parlant et mangeant jusqu'à ce qu'arrive l'ensemble L. Les sujets sont différents, et l'individu A ne dit plus rien, si ce n'est demander à l'individu P s'il ne veut pas partir, parce que A en a marre d'entendre geindre et râler les individus de l'ensemble L. Par une ironie axiale P dit à A qu'il a l'air heureux, A se fout la tête dans les mains en attendant que la variable H atteigne 13.20.

[tanka]

Il est toujours là
Sourit court et postillonne
Met main sur épaule
Et, scotché sur le mur blanc,
Garde poisson-éléphant.

[alors]
Alors elles parlent de thon et de mayonnaise, alors elles parlent de régime et de piscine, alors d'évaluation d'EPS, alors du bac, alors elles râlent pour certains cours, alors elles rient d'autres, alors elles parlent copains, vêtement, préservatifs et pilules, alors elles parlent elles parlent elles parlent, alors je reste à l'ombre, alors je m'exaspère un peu, alors je me dis que finalement elles ne me manqueront pas, alors je me dis que d'autres me manqueront, alors je voudrais les effacer, elles, alors je pourrais les dessiner, eux, alors ce serait comme tout à l'heure, alors je jonglerais avec des cailloux, alors on me dirait que je suis atypique, alors je ne sais plus, mais je me plairais bien, alors.

[injurieux]
J'avais cet énorme manuel dégoulinant de bleu-vert qui me fixait et qui se moquait de moi. Sale bête je t'aurais, je pensais en silence, le guettant comme s'il pouvait soudainement m'attaquer, je te laisserai crever à terre, me complaisant à t'entendre quémander quelque regard incompréhensif de ma part.
Une est arrivée avec ses longs cheveux noirs qui ne font penser à rien, et l'autre s'est mise à parler, secrétaire en chaussons pailletés qui connaît tous les secrets des relations publiques d'entreprise parce qu'elle a lu Phosphore, le magazine des 15-25 destiné au 12-15ans.
A moitié vieille ronchonne je les ai regardées, puis me suis déplacée, pour dompter mes souvenirs progressifs transversaux. Je les entendais toujours les greluches et, me convaincant que j'avais le droit de réclamer un peu de silence en ce lien tenu par de vieilles mégères canichées et teintées, je leur ai gentiment demandé de chuchoter, non pas de se la fermer, en expliquant que je physiquais et que, vraiment, j'en avais rien à foutre de leurs vacances. Elles ont dit oui, je suis repartie et, 30 secondes après, elles reprenaient, comme si en poissons rouges elles avaient déjà oublié.
Finalement à 14h30 elles sont parties, et j'ai pu sortir sans être regardée mon fouet et ma matraque pour me faire respecter de cet annabac. J'étais bien contente d'y être arrivée quand, juste à côté, une stagiaire en mégèrerie de CDI s'est mise à causer TPE avec l'originale. Le respect ça change l'école, mais à ces greluches âgées je ne pouvais pas dire que je me foutais de l'intervention du code génétique dans l'obésité.

[vers libres]

Six.
Heures, lycéens.
Lycée, blé.
Rire, sourire.
Pépinière et ombres chinoises.
Fleur des champs, blé qui danse dans les cous.
Joues creuses.
Atypique.

Ils ont dit que c'était bizarre de dire qu'on aimait bien, comme ça, je sais même plus pourquoi, que ça cachait quelque-chose. Alors j'ai rien dit, si je leur disais que je les aime bien, ça montrerait que j'ai un peur de m'en séparer, de nous oublier. J'ai rien dit parce que peut-être que quand on est à l'ombre, dans un parc, qu'il fait beau et qu'on rit, on n'a pas besoin de dire qu'on s'aime bien.

[râleur r-alors]
Alors bultérieurement je me suis dit qu'il ne devait plus rester beaucoup de temps, alors que j'allais les rejoindre, alors que je n'avais qu'à profiter du lieu, alors j'ai arrêté de dévisager les documentalistes, alors j'ai regardé de l'autre côté, alors j'ai vu Rimbaud, Prévert, Queneau, alors je me suis rapprochée, alors je me suis dit que ce Queneau, il revenait toujours les moments d'exams, alors j'ai profité du dossier de la chaise, alors j'ai ri et j'ai souri, alors les annales semblaient avoir mille pages et vouloir s'envoler, alors tout est concassé, mais j'aimerais plus de journées comme ça, alors.